La paratuberculose est une maladie digestive des ruminants (bovins, ovins, caprins, ruminants sauvages) due à une bactérie Mycobacterium paratuberculosis, proche du bacille de la tuberculose. Chez les caprins, elle se manifeste principalement par un amaigrissement sévère et irréversible avec un appétit conservé. Elle atteint essentiellement les animaux adultes, âgés de plus de 2 ans.

Elle est responsable de pertes économiques importantes dans les élevages atteints (mortalité suite amaigrissement, mauvaise production laitière, réformes anticipées voire euthanasie d’animaux non commercialisables).

Toute suspicion clinique (amaigrissement sans fièvre et avec appétit conservé) doit être signalée au vétérinaire qui réalisera les tests de confirmation (prise de sang ou autopsie avec analyse des ganglions).

Modes de contamination des jeunes animaux

La particularité de la paratuberculose est la contamination très précoce des animaux, généralement dans les premières semaines de vie (infection des chevrettes ; très faible risque de  contamination des animaux adultes).

Les jeunes chevrettes s’infectent par voie orale à partir de mycobactéries présentes et persistantes dans le milieu extérieur (aliments, eau d’abreuvement, sol ou matériel d’élevage  souillés par les animaux excréteurs). Une transmission in utero (pendant la gestation) est possible de la chèvre à la chevrette, en particulier si la chèvre est déjà amaigrie.

Le bacille persiste très longtemps dans le milieu extérieur (plusieurs mois dans du fumier ou de l’eau stagnante) et d’autant plus facilement dans les terrains pauvres et humides, carencés en calcium (pH acide) et riches en fer.

Mesures de maîtrise au sein de l’élevage

 Les mesures concernent 3 points principaux :

1/ la gestion des animaux

  • En cas de suspicion clinique, sur une chèvre maigre, contacter le vétérinaire pour réaliser les tests de confirmation (sérologie/ PCR / autopsie) ;
  • En cas de paratuberculose avérée, envisager de réaliser un dépistage sérologique sur tous les animaux âgés de plus de 12 mois (à réfléchir en fonction du nombre d’animaux à tester) ;
  • Réformer dès que possible tout animal confirmé infecté de paratuberculose OU tout animal débutant un amaigrissement ;
  • Séparer les chevrettes des chèvres dès la naissance et les nourrir avec du colostrum thermisé (contre la paratuberculose, une température de 60°C pendant 1 heure est conseillée) ou un colostro-remplaceur puis du lait en poudre ;
  • Eviter dans tous les cas le colostrum de mélange (idem pour le lait de chèvre issu du troupeau) ;
  • Dans tous les cas, éviter d’élever une chevrette issue d’une chèvre amaigrie.

 

 2/ la gestion de l’environnement

  • Stocker le fumier à l’écart des animaux (pas d’écoulements possibles) ;
  • Eviter l’épandage sur prairies ou le faire après un stockage minimal de 6 mois ou un compostage permettant un assainissement ;
  • Privilégier un épandage du fumier sur cultures ou avec enfouissement par labour ;
  • Nettoyer soigneusement et désinfecter la nurserie avant chaque période de mise bas ;
  • Rester particulièrement vigilant sur la propreté du matériel d’allaitement, des auges et des abreuvoirs pour tous les animaux ;
  • Paillage et curage adaptés au bâtiment ;
  • Clôturer impérativement les volailles (aucun accès possible à la chèvrerie).

 

3/ la gestion des facteurs de risque

  • Maintenir un équilibre alimentaire correspondant au stade physiologique des animaux (éviter le plus possible les amaigrissements) ; respecter des transitions alimentaires (attention aux acidoses) ; respecter les complémentations minérales et vitaminiques ;
  • Eviter les changements brusques dans la conduite d’élevage (limiter les stress) ;
  • Contrôler une infestation parasitaire éventuelle (coproscopies) et réaliser les traitements anti-parasitaires adaptés.

 

Possible vaccination vis-à-vis de la paratuberculose

En complément de toutes les autres mesures sanitaires (détection et élimination des animaux infectés, maîtrise de la contamination environnementale), le vaccin espagnol GUDAIR ® peut être conseillé. Sa commande et son utilisation sont soumises à autorisation de la DD(CS)PP locale car il interfère avec le diagnostic de la tuberculose.  Cette vaccination doit être réservée à des cas particuliers et n’est pas à généraliser.

La vaccination de tous les animaux de renouvellement (chevrettes et jeunes boucs) pendant plusieurs années permettrait de diminuer le nombre d’animaux excréteurs, de diminuer l’intensité des lésions intestinales et de diminuer la quantité de bacilles.

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